Salut tout le monde!
je donne enfin des nouvelles après un long silence, donc je vais écrire plusieurs carnets de voyage entre ce soir et demain pour rattraper le temps perdu.
Donc je vous ai laissé à Dori. Je suis partie le dimanche pour Marcoye avec Amadou mon guide. Plus le temps passait, moins je le sentais de passer 4 jours avec mon guide, pour plusieurs raisons : il sentait la bière dès 10h00 du matin, il commençait à me draguer de plus en plus, etc... donc 4 jours dans le désert avec lui, je ne le sentais pas. Finalement arrivés à Marcoye le dimanche soir, je lui ai inventé un prétexte pour tout annuler. Ça a été le psychodrame, il m'a demandé de payer tout le programme, j'ai refusé, ça a duré une heure la négociation, il m'a menacée d'appeler les flics, de me convoquer au tribunal etc... Bref, sympa. Finalement ça s'est bien terminé, il est reparti à Dori, je suis restée à Marcoye. Le gîte où j'étais était tellement sympa que j'ai décidé de rester quelques jours. La première nuit, le gîte était complet, donc j'ai dormi à la belle étoile, sur un matelas et sous une moustiquaire, c'était génial... Surtout que c'était la plein lune. Le marché du lundi était effectivement génial, très coloré, il y a des ethnies très différentes : peuls, touaregs, bellas (anciens esclaves touaregs), pour n'en nommer que quelque unes. Il faut savoir qu'au Burkina, il y a environ 60 ethnies différentes, sur un pays qui fait la moitié de la France. J'ai rencontré deux Suisses, un couple assez bizarre, et nous avons organisé deux jours-une nuit dans le désert. Déjà, précision, les Burkinabé appellent cette zone pompeusement le désert, sauf que ce n'est pas le désert du tout. C'est la brousse en fait. Cela dit c'est sympa, mais faut préciser quand même.
Donc départ le mardi en dromadaire, guidés par des bellas très sympas et qui parlaient à peine français. Nous arrivons dans un village touareg après un temps que mes fesses au martyre ont trouvé largement suffisant... Le village étant constitué au milieu de la brousse de quelques huttes et c'est tout. On nous a installé sous l'arbre à palabres (arbre qui se trouve au centre du village et où les hommes restent toute la journée à discuter, c'est la vie centrale du village). C'était génial mais surréaliste, personne ne parlait français ou quelques mots, donc la communication était dans le regard, les sourires et par langage des signes. Pendant l'après-midi j'avais remarqué un enfant de 18 mois, 2 ans maxi, qui avait une blessure bien sale à la fesse, de loin il me semblait que c'était une éraflure. J'ai donc proposé de le soigner et de mettre un pansement en spray (ça respire mais protège). Après quelques heures (faut consulter le chef de village et palabrer encore un coup), ils ont amené l'enfant. Il faisait nuit noire, et je me suis retrouvée avec 40 paires d'yeux qui me regardaient soigner à la lampe frontale ce qui n'était pas du tout une éraflure. C'était une brûlure assez profonde, qui avait partiellement cicatrisé, avec des croûtes et même si la plaie n'était pas purulente, elle était chaude. Clairement, c'est largement au delà de mes compétences. Donc me voilà, avec ce petit qui crie, à nettoyer la plaie au sérum physiologique, tartiner la plaie de crème à la bétadine et de couvrir tout ça de compresses, en disant bien à la mère, via un interprète qui était arrivé en début de soirée, que l'enfant devait voir un médecin, car la plaie s'infectait. Et là, ils touchent le corps du petit, et ils me disent : le corps n'est pas chaud, il n'y a pas besoin. Ils n'ont tellement pas d'argent, qu'ils ne peuvent pas aller chez le médecin dès qu'un enfant est blessé, ainsi gravement soit-il, donc ils attendent que l'enfant fasse une septicémie pour y aller. Je comprends, mais la vache de nom d'un chien, c'est les boules. Après ce moment d'émotion où je ne suis pas ressortie indemne, les femmes sont arrivées et au clair de lune (nuit après la pleine lune), elles ont tapé dans les mains, chanté, et nous avons dansé. les Suisses avaient un balais dans le c.. mais moi je me suis bien lâchée et on a dansé et rigolé comme des folles avec les femmes. MAGIQUE. Mais alors ces montagnes russes émotionnelles m'ont bien chamboulée... Ensuite nuit à la belle étoile où j'ai eu trooooop froid, mais super, réveil aux sons de la basse cours, des biquettes, des femmes qui pilent le mil. Et ensuite retour à l'auberge, et mes fesses ont mis une semaine à s'en remettre : je préfère l'arrière de la mobylette peugeot... Sinon dans un ton plus léger, je termine ce récit par la description de la salle de bain... Karine, j'ai eu ma pensée émue... Ils étaient prévenu la veille que des blancs arrivaient, donc ils nous ont aménagé exprès un petit quelque chose... Apparemment nous avons compris que nous sommes les premiers blancs à être venus. Donc, au milieu de la brousse, au pied d'un acacia (choix de l'arbre important pour la suite), ils ont creusé un trou. Ils ont entouré tout ça de barrières en bois qui arrivaient à mi corps, donc pour se laver le haut, fallait être accroupi sinon tout le monde en profitait. Mais là où ça devient fun, c'est que l'acacia a des épines très longues et très piquantes... Donc à chaque fois que je me baissais pour aller faire pipi, je me faisais piquer les fesses. J'ai rarement autant rigolé de ma vie en allant aux toilettes... |